

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Vivien Leservoisier, j’ai 48 ans. Je ne suis pas le doyen des supporters du HAC, mais cela fait presque 35 ans que je me rends tous les quinze jours au stade (Deschaseaux, puis Océane) pour encourager les Ciel et Marine. J’ai dû louper une dizaine de matchs à domicile sur cette période, pas beaucoup plus, malgré le fait que j’habite à 80 km du Havre.
Le HAC dispose de moyens limités pour des raisons connues de tous. Que penses-tu de cette situation ?
C’est une donnée que tous les supporters ont intégrée depuis longtemps maintenant. C’était déjà le cas quand nous étions en Ligue 2. Maintenant que nous sommes dans l’élite du football professionnel, les écarts de budget entre les grosses cylindrées européennes et les petits clubs comme le nôtre sont considérables. C’est malheureux, mais c’est ainsi. Nous nous battons chaque semaine avec nos armes, nos petits moyens, et cela rend chaque victoire encore plus belle (même si je ne vous cache pas que, moi aussi, j’aimerais pouvoir disposer d’un budget nous permettant de viser, a minima, un maintien confortable).

Le recrutement s’est fait avec les moyens du bord, mais il semble intéressant. Selon toi, qu’est-ce qui manque encore à l’équipe ?
Pour moi, l’effectif est un peu juste qualitativement. On a de vrais talents, quelques joueurs à haut potentiel, mais il nous manque des joueurs aguerris aux joutes de la Ligue 1. Mais après, je m’en satisfais quand même, car Bodmer et son staff font des miracles avec un budget aussi limité. Depuis que du ménage a été fait lors du mercato d’hiver, l’état d’esprit de l’équipe est irréprochable. On sent que tous les joueurs sont concernés par l’opération maintien.
Le HAC a son destin entre ses mains. Avec ce point obtenu contre Monaco, l’équipe respire un peu. Mais les prochains adversaires, comme Auxerre, Marseille et Strasbourg, s’annoncent redoutables. Quelle est ton analyse de la situation ?
Le match nul contre Monaco a confirmé une chose : les Ciel et Marine sont capables de tenir tête aux cadors du championnat. Et cela va nous permettre d’aborder la prochaine journée avec un petit avantage psychologique sur nos concurrents, Saint-Étienne et Angers, qui, eux, ont perdu ce week-end contre Strasbourg et Lille. Je nous vois bien réaliser une performance contre Auxerre, car on est à l’aise à l’extérieur. La réception de l’OM risque d’être compliquée, malgré l’inconstance des Phocéens loin de leur base. Quant au dernier match à Strasbourg, il sera certainement ouvert. Les matchs de toute fin de saison sont souvent imprévisibles, avec des équipes qui peuvent déjouer à cause de l’enjeu ou du manque de motivation si leurs objectifs ne sont pas atteints.
Lors du match face à Monaco, Lloris et Gorgelin ont brillé. Penses-tu qu’ils pourraient être des éléments clés pour engranger des points dans les matchs restants ?
Oui, complètement. Lloris et Gorgelin sont des joueurs indispensables, tant par leurs performances que par leur état d’esprit. Notre maintien se jouera sur notre capacité à rester solides défensivement, surtout face à trois équipes possédant des attaques de haut niveau. Le match raté contre Rennes était, selon moi, un accident ; je sens l’équipe capable de relever ce défi. Et avec Mwanga, Touré et Ketchta, on dispose d’un milieu de terrain solide, capable de soulager la défense et de nous aider à arracher les quelques points qui nous séparent du maintien.

Didier Digard a essuyé des critiques, parfois justifiées, parfois non. Quelle est ton opinion à ce sujet ?
Mon avis sur Digard est très tranché… Digard démission ! Non, je plaisante bien évidemment. C’est, pour moi, un jeune entraîneur qui a connu un démarrage compliqué, avec des choix tactiques qui n’ont pas été payants (défense à cinq, par exemple). Mais il a su se remettre en question (et ça, c’est une énorme qualité), faire comprendre aux joueurs ce qu’il attendait d’eux et redonner à l’effectif cette force de caractère qui nous a permis de monter il y a deux ans et de nous maintenir la saison dernière. Si le HAC reste en Ligue 1, je ne vois aucune raison de nous séparer de lui.
Youte semble irriter certains supporters et spectateurs dernièrement. Comment interprètes-tu cela ?
Je n’aime pas stigmatiser des joueurs, mais c’est vrai que le cas Youte pose question. C’est un défenseur talentueux, je n’en doute pas. La saison dernière, il formait un duo parfait avec Gauthier Lloris en défense centrale. Mais cette saison, c’est compliqué, voire très compliqué. Ses interventions défensives sont un peu moins tranchantes et il a parfois des sautes de concentration qui nous mettent en difficulté. J’espère que, sur les trois derniers matchs, nous retrouverons le Youte de l’époque Elsner.
Pour que le club puisse franchir un cap financier, penses-tu qu’une vente serait nécessaire ?
Si nous avons l’ambition de rester en Ligue 1 sur la durée, nous n’avons pas d’autre choix que de trouver de nouvelles ressources financières. Vincent Volpe a déjà beaucoup donné pour le HAC ! Chaque saison, il remet de l’argent pour combler le déficit structurel, amplifié par la baisse importante des droits TV. Cependant, il faut être prudent et ne pas vendre les bijoux de la Reine au premier venu. Les exemples de Bordeaux ou, plus récemment, Caen nous montrent qu’aucun club n’est à l’abri d’un destin funeste.
Trois matchs restent au programme du HAC. L’équipe, actuellement 16e, a-t-elle les ressources pour sécuriser au moins la place de barragiste, voire viser la 15e place ?
Je suis un éternel optimiste, donc je reste persuadé que les Ciel et Marine sont capables de réussir leur mission sauvetage. Peut-être pas en se maintenant directement via la 15ᵉ place, mais via les barrages. Une fois cette étape atteinte, les cartes seront totalement rebattues. Quand on est capable de battre Lille, Lens, Nantes ou de faire match nul contre Monaco, il n’y a aucune raison de craindre Dunkerque ou Metz. Avec notre état d’esprit actuel, nous sommes capables de renverser des montagnes.

Enfin, aurais-tu un mot pour les supporters qui ne cessent de soutenir le club, que ce soit à domicile ou à l’extérieur ?
Juste envie de dire un grand bravo aux supporters havrais. À chaque match à domicile, nous sommes plus de 20 000 au stade et le Kop soutient son équipe sans faillir. Lors des déplacements, le parcage est souvent plein et l’ambiance est dingue. Je suis vraiment fier de faire partie de cette famille « Ciel et Marine ». Et pour finir : allez le HAC, bordel !

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